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Zone frontière

Alexandre ROLLA, Christine CORBET, Matthieu LAYEILLON, Hélène FROMEN

Objectifs

La Zone Frontière désigne la zone de turbulences entre l’art et la vie, la maturation ou la procrastination et le travail, l’improvisation et la partition, l’inspiration et l’inertie : le moment où la vie influence l’art et inversement, le temps de gestation pendant lequel l’élève s’abandonne à son quotidien tout en œuvrant sans en avoir conscience.

Travailler, la Zone Frontière, ce serait ainsi :
- se donner les moyens d’observer et évaluer l’efficience possible des interactions entre l’art et la vie,
- apprendre à se connaître à la fois quand on est à l’œuvre et quand on est désœuvré·e, tout en cherchant à tirer profit des deux situations antagonistes,
- s’émanciper des présupposés ou attendus scolaires en légitimant ce qui constitue notre méthodologie personnelle.

La Zone Frontière entend permettre de prendre de la hauteur, d’observer comment nous procédons, de donner du sens à nos manières de faire, de dire, de voir, d’analyser nos gestes ordinaires, obsessions, préoccupations, rituels, manies : la vie qui active et nourrit notre travail au quotidien ou au contraire, nous inhibe.

Contenu

Les temps d’accompagnement de la Zone Frontière consistent :
- à proposer des rencontres avec des pratiques artistiques contemporaines et des productions plastiques informées/alimentées par les visées précédemment évoquées : dans des champs divers, des arts visuels aux pratiques plus conceptuelles en passant par l’écriture, l’enregistrement audio, etc
- à impulser des recherches notamment en lien avec la ges(ta)tion par chacun·e de son emploi du temps et son organisation quotidienne, interroger la répétition et la routine, l’obligation de régularité, la chronologie, le rythme ou encore la pertinence de protocoles
- à créer des passerelles sémantiques entre les pratiques artistiques naissantes des élèves et leurs activités ou intérêts extra-artistiques, leurs obsessions personnelles, des expériences vécues et interrogations ou engagements en tant que citoyen·es
- à décrypter et verbaliser leur rapport à la création à l’appui d’exemples ou d’attitudes quand elles deviennent formes ou autre chose.

Ce travail ne fait pas l’objet d’une production plastique mais d’une introspection, la priorité étant d’identifier et d’assumer son rapport au travail à partir des projets existants.

Evaluation

Cette expérience pédagogique s’inscrit en dehors des temps d’évaluations pour favoriser l’émancipation et l’autonomie.